
Il est à peine six heures du matin quand notre bus arrive à Huaraz. On ne compte plus les nuits dans les bus en Amérique du Sud, même Jim Carrey dans "Bruce Almighty" n’aurait pas assez de doigts sur ses mains.
Comme d’habitude, un petit hôtel nous est proposé .Il a l’air pas mal et pas cher par la même occasion, vamos. En effet, après visite des lieux, il nous convient parfaitement, remarquez, on n'est jamais difficile quand on sort d’une nuit à moitié blanche dans un bus!
Deux bonnes heures de sommeil nous mirent en meilleur forme . Au petit déjeuner, on a droit au coup classique de tout touriste à moitié endormi: La vente de tour à prix exorbitant! Pas la peine de continuer mon gaillard, on veut visiter la ville d’abord.
Nous partons donc à la découverte de cette ville, centre de départ pour de nombreux treks dans la cordillère blanche. Ici, à part les montagnes qui nous dominent, rien de très exceptionnel, la "Plaza de Armas" est toujours au centre de la ville, et aucun grand bâtiment à visiter. Chose positive, on retrouve un ciel bleu, fini le papier peint blanc que l’on traînait depuis Nazca. En fait, on ne vient ici que pour partir en trek.
Un petit tour chez le coiffeur pour ma part et sur Internet pour Julien, et nous voici partis pour la ville voisine "Monterrey". Au moins deux bonnes heures dans une piscine alimentée par des sources d’eau chaude... un vrai régal (à moins que ce ne soit la compagnie d’une anglaise assez atomique). A Aguas Calientes, nous y étions la nuit tombée, mais là, le soleil nous fait découvrir la couleur de l’eau, située entre le jaune et un marron clair. Pas très attirant à première vue. On a un peu l’impression de se baigner dans la Seine. Petit plus de cet endroit, on a la possibilité de prendre un bain d’eau chaude dans des baignoires privées. Une dizaine de cabines sont là pour ça.
Pendant cet après-midi, grande réflexion sur que faire ici. Trek, oui mais ça dure quatre jours. Ou juste visite des environs. Le planning aura raison. De retour à Huaraz, nous organisons notre journée suivante. Etant donné que les prix sont identiques partout, nous réservons un petit tour en bus depuis l’hôtel. Cette petite excursion va nous permettre de découvrir la cordillère blanche, quelques lagunes et même de marcher sur un glacier! La propriétaire nous propose même d’aller prendre nos billets de bus pour le soir même. Nickel tout ça!.
De retour en centre ville, nous sommes accostés par deux péruviens qui nous posent plein de questions sur notre voyage, sur notre travail. Il s'agit en fait de deux personnes attachées à une université d’anglais. Ils nous proposent de participer à un examen. Julien n’étant pas partant, je m’y rends donc seul.
Arrivé là bas, je suis accueilli par le proviseur de l’établissement qui m’explique un peu ce qu’il attend de moi. Ce soir est un jour J. Tous les élèves sont prêts pour leur examen d’anglais. Il y a quatre niveaux. Enfant, basic, intermédiaire et advanced. Chaque groupe devra chanter une chanson de son choix. Notre rôle étant de noter l’intonation, la coordination et enfin la prononciation. Mais qu’est-ce que je fais là moi?. Oui moi... moi qui est eu 4/20 à mon bac en anglais, c’est le monde à l’envers! Je suis ensuite présenté à trois autres filles, des touristes. Je m’enpresse de leur poser la question : "Do you have a good english?", elles répondent un peu en se moquant de moi "We are english". Bon, ben voilà là, il va falloir y aller...
Première chanson. Ce sont des enfants. Nous arrivons dans une classe où une quinzaine d’élèves nous attendent. Ils sont tous déguisés. Dès que la musique se fait entendre, le spectacle commençe. L’histoire raconte l’arrivée d’un malade à l’hôpital, son passage en salle d’opération, sa mort et sa montée au ciel... Chaque élève avait un rôle bien déterminé, un costume bien identifiant, et tous étaient vraiment parfaits, un fou rire du début à la fin. Quant à leur anglais, tout de même le principal, il était nickel... remarque, je ne sais pas si ils comprennaient vraiment ce qu’ils disaient, mais ils le prononçaient parfaitement bien. Ils étaient tellement marrants, tellement mignons qu’ils ont eu une note maximale de la part de tous les membres du jury.
Ensuite, nous avons eu droit à une seconde classe d’enfants, tous aussi mignons. L’histoire était en rapport avec des fruits. Tout aussi marrante. Nous avons continué avec des classes plus sérieuses.
Contrairement aux chansons que l’on apprend en France en cours d’anglais, ici, on a des chansons plutôt sympa. Au programme, "Losing my religion" de REM, "Don’t speak" de No Doubts, les Cranberries, ABBA, Paul Simon, Cherryl Crow,etc... Certaines classes étaient justes alignées en rang et chantaient leur chanson, d’autres en revanche avaient aussi organisé une véritable chorégraphie. "Holiday" de Madonna, valait vraiment le coup, quant à celle de Britney Spears, que des filles avec des T-shirt à l’effigie de leur idole, on se serait cru dans le clip télé. Bref, trois heures de musique, trois véritables heures de bonheur, à essayer de noter tous ces groupes, sans mettre de bonnes notes pour autant quand des filles, aux superbes châssis (ah, l’Amérique du Sud !), me faisaient de l’œil...
Il est déjà 21 heures, enfin 21h 30, je suis encore un peu en retard, pour rejoindre Julien, et nos trois français de Lima de passage à Huaraz : Mathieu, Simon et Ludivine. Nous passerons la soirée ensemble dans le bar français de la ville à parler de tout et surtout de n’importe quoi.
Le lendemain, nos sacs sont de nouveau prêts pour la route. C’est vers dix heures que nous embarquons dans un petit bus touristique.
Nous sommes en pleine forme, le ciel est d’un bleu parfait, les batteries de l’appareil photo sont remplies à bloc. Le guide nous explique le programme de la journée, très chargé, nous ne devrions pas être de retour avant 18 heures, ce soir.
Après une petite demi-heure de route, nous sommes bloqués à un poste de police. Cinq minutes, puis dix, puis vingt, mince ça fait déjà une heure!... Le bus repart enfin. Explication, le chauffeur conduisait un véhicule non assuré. Etant donné qu’il y avait plein de monde à l’intérieur, le policier a laissé passer, à moins qu’il n'ait été corrompu par un ou deux billets verts, l’histoire ne le dit pas!...
Ca commence mal, nous avons une heure de retard sur le programme maintenant. Après une petite pause "mathé de coca" sur le bord de la route, nous arrivons dans le parc national. Nous commençons à voir de superbes paysages de pics enneigés. La route est devenue un sentier, attention une petite montée ridicule et PAF ! un bruit de moteur se fait entendre. C’est notre jour de chance aujourd’hui! Le bus s’arrête en moins de deux. Après observation des dégâts et vu la quantité d’huile étalée sur la route, l’appel d’un mécanicien est requis. Nous faisons tout de même demi-tour et redescendons en roue libre jusqu’au premier croisement avec une grande artère. Nous stoppons là à attendre l’arrivée du mécanicien.
L’aiguille de ma montre ne s’est pas arrêtée de tourner pour autant ! Et il est déjà treize heures, notre bus est à vingt heures ! Nous essayons d’obtenir des explications, et des promesses sur la suite de la journée mais le guide en sait autant que nous. Il nous promet dix minutes d’attente, puis vingt... Bref une heure plus tard, il est déjà quatorze heures, le mécanicien a pratiquement fini les réparations, mais le guide nous confie que le bus ne pourra pas être de retour avant vingt heures. Comment perdre une journée à Huaraz? Et pourquoi être venus ici à propos ? Nous décidons donc de retourner en ville, bien déçus comme il se doit, bien énervés surtout.
Nous passerons une demi-heure seuls avec le mécanicien à attendre un bus collectif pour rentrer. Et on continue sur la malchance, pas un bus à l’horizon pendant près de quarante minutes. Le mécanicien voyant que l’on s’impatiente, arrête une voiture de police de passage et demande si c’est possible de nous emmener au village voisin où davantage de bus partent pour Huaraz. Et nous voici, dans un superbe 4x4 flambant neuf. Nous continuerons le reste du trajet en camionnette avec notamment comme compagnons de route un mouton les quatre pattes en l’air.
Le reste de la journée se résumera à une lutte avec l’hôtelier pour se faire rembourser l’excursion et une séquence Internet avant d’embarquer dans un bus destination Trujillo.
Nous sommes déjà le 14 septembre, nous aimerions bien avoir assez de temps pour profiter de notre dernier pays: l’Equateur. Pour cela, nous allons devoir enchaîner les bus, pour essayer de rejoindre une ville au sud du pays nommée "Vilcabamba".
Un long trajet nous attend, nous serons sûrement encore dans un bus demain à la même heure !
Après le bateau qui reste bloqué à quai,le bus sans assurance qui tombe en panne, quelle sera notre prochaine galère ?...
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