
C’est vers cinq heures du matin que nous débarquons à Arequipa, seconde ville du pays. Oui encore cinq heures du matin, les compagnies de transport péruviennes n’ont décidément pas du tout le sens pratique.
Comment trouver un hôtel à cette heure-là, il est forcément soit fermé, ou soit complet car le check-out est six heures plus tard. Quand on en trouve un avec la pancarte "24 horas", on voit souvent sortir un gars à moitié titubant, l’œil droit encore collé et le second explosé par le match de foot qu’il a vu la veille, qui passe au moins dix minutes devant la grille avant de trouver la bonne clé.
Bref, ce matin-là, nous arrivons tout de même à trouver deux lits, non loin du centre ville, mais hélas, pas dans le Lonely Planet, donc, on peut faire une croix pour rencontrer du monde, à moins de parler le péruvien couramment.
Cette première journée fut relativement calme. Pas trop motivés pour visiter, un peu plus pour squatter les nombreux cybercafés bon marché, et flâner sur la superbe place principale nommée, je vous le donne en mille : "Plaza de Armas" !
Le second jour, la motivation n’est toujours pas au rendez-vous, marre de visiter les villes ? marre de dire "no gracias" à tous les cireurs de chaussures ?…peut-être bien...
En début d’après-midi, nous rencontrons Anne, qui revenait de Taquile, et d’après son enthousiasme, l'endroit valait vraiment le détour. Elle nous propose de l’accompagner pendant deux jours dans le canyon de Colca, soi-disant le plus profond du monde. Après étude des prix et de nos plannings respectifs, nous sommes tous les trois partant pour un départ le lendemain.
Le soir, séquence "touriste malade" ! Nous rejoignons la clinique, où Philipe et ses amibes ont établi domicile le temps d’un diagnostique approfondi. C’est là, que nous rencontrons Harold, un français (y a que ça en ce moment !), qui essaye de faire la traduction des questions-réponses des médecins.
Nous dînerons ensuite tous les quatre dans un petit restaurant arabe avant de finir notre soirée au "Montréal", un petit bar proche du centre ville.
Le lendemain matin, nos sacs sont fermés, nous sommes prêts pour…six heures de bus ! Nous quittons Arequipa vers une heure et demie, direction un petit village nommé "Cabanaconde". La première heure de bus s’est assez bien passée, sur une route nickel, le reste fut sur un sentier mais à travers de superbe paysages. Nous avons même eu un peu d’ambiance non loin de l’arrivée, où cinq ou six péruviens avec plus d’alcool que de sang dans les veines, ont commencé à se battre. Vu leur état, ça ne tapait pas très fort, mais assez pour faire arrêter le bus quelques minutes.
A la sortie du bus, un hôtel à cinq soles chacun nous est proposé. Pour moins de dix francs, nous allons jeter un coup d’œil. Une superbe chambre, avec salle de bain privée, et le tout ultra propre…adopté !
6h 30 du matin, le réveil sonne, nous avons une petite demi-heure pour nous venger sur ce réveil avant de prendre un bus (un de plus !) à sept heures pour "Cruz del Condor".
Nous arrivons une bonne demi-heure plus tard en haut d’une falaise. Nous attendrons encore quelques instants avant de voir les premiers condors voler au dessus de nous. Nous attraperons un bon torticolis à force d’essayer de les photographier, c’est que ça bouge ces bêtes-là ! Deux superbes heures à contempler ces animaux…mais trente minutes de trop pour prendre le bus de retour. Nous repartirons à pied jusqu’à Cabanaconde, une petite marche de deux heures et demie.
L’après-midi, direction une oasis située à mille mètres de dénivelé plus bas, au fond du canyon. Un chemin interminable, permet d’y accéder. Nous arriverons en bas près de deux heures et demie plus tard.
Ici, nous sommes en fait dans un petit hôtel avec comme chambre une cabane en bambou. L’oasis est en fait une piscine alimentée par des sources naturelles d’eau chaude. Nous passerons une bonne heure dans l’eau, une Arequipeña à la main.
Un bon dîner aux bougies en compagnie d’une dizaine de touristes de nationalités diverses, et zou au lit…il est pourtant que 22 heures, mais la marche, c’est que ça crève !
Six heures du matin, notre cabane de bambou s’est transformée en faré tahitien. Apparemment il y a eu une dérivation mal contrôlée d’un tuyau, et toute la chambre est inondée. Bien sûr, il y a que moi qui avais eu la bonne idée de laisser mes chaussures par terre. Immaginez l’état, remarque elles sont propres maintenant. Je m’empresse de faire de la pêche à la ligne depuis mon lit pour les récupérer, et les donner à une personne au restaurant pour qu’elle les mette près du feu.
Une fois tout le monde réveillé, et un bon petit déjeuner pris, direction de nouveau la piscine, histoire de prendre des forces pour remonter la falaise. C’est vers dix heures et après avoir récupéré mes chaussures aux lacets brûlés (chapeau bas le péruvien) que nous larguons les amarres.
Trois heures de marche en perspective. Les deux premières heures sont passées assez rapidement, en revanche la dernière fut vraiment interminable. La fatigue, le manque de souffle dû à l’altitude, nous ont fait compter les minutes et aussi les endroits ombragés pour se reposer. Nous avons même vu des mirages ressemblant à des bouteilles de coca-cola. En regardant bien, on arrivait même à voir les petites gouttes coûler sur le côté.
Un petit repas et nous reprenons un bus pour de nouveau six heures pour rejoindre Arequipa.
Le soir, une soirée tranquille dans le centre ville toujours en compagnie d’Anne, dans une ambiance assez chaude après la victoire péruvienne sur l’Equateur au football.
Le lendemain, nous déjeunerons pour la dernière fois avec elle, son avion de retour vers la métropole l’attendant quelques heures plus tard.
Quant à nous, c’est vers 21 heures que nous embarquons pour un nouveau bus, et une nouvelle destination : Nazca…
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