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Cambodge - Phnom Penh


de Francois, 09-04-2003

Phnom Penh, ça vaut la peine...


Après quatorze heures de 747 et quatre heures de correspondance à 20°de la Cie EVA AIR,l'ouverture des portes de notre vieux MD 90 a le même effet sur nous qu'un rayon de soleil sur un Esquimau !
Deux douaniers plus tard, chargés de notre demi-quintal de bagages, nos regards scrutent la foule hurlante à la recherche de nos deux Boys...
Grâce à leur mètre 82, soit une bonne noix de coco au-dessus de l'étalon asiatique nous repérons facilement leurs faciès pain d'épice pourtant très tendance dans ces contrées. Barbe de 48 heures, lunettes de contrefaçon sur le front retenant une chevelure dense, short à poches multiples, le vrai look du Baroudo-routardo-colon légionnaire. Fière allure nos petits gars, pense alors Francine...La tourista a redonné à Julien la ligne de ses 18 ans ; quant à Baptiste peut-être quelques kilos en plus, l'avenir nous fera comprendre pourquoi...
Après les banalités d'usage concernant la température frisant les 35° et une accolade maternelle à la limite de l'étouffement, nous rejoignons le chauffeur du minibus de l'hôtel venu à notre rencontre et arborant la traditionnelle pancarte calligraphiée à notre patronyme .
Nous faisons un détour en centre ville afin de récupérer les bagages de J & B abandonnés dans la Guest House où ils avaient passé la nuit et arrivons enfin à destination. Notre Hôtel, face à l'Ambassade de France et retenu il y a déjà un mois, mais vide en ce jour à cause du virus, verra notre premier déjeuner familial. Nous établissons le planning de la semaine. Ils nous font part alors de leur besoin urgent d'une grande lessive...La deuxième seulement en trois mois....Le nettoyage d'une chemise à l'hôtel correspondant à une nuit dans une Guest-house,ils choisissent de nous faire découvrir le charme du service en ville.
Commence alors pour nous la découverte d'un autre monde...
Phnom Penh est la ville de tous les contrastes.Autour des Ambassades et des Universités se dressent des villas hollywoodiennes aux murs d'enceinte protégés de barbelés car à quelques mètres seulement la majorité de la population s'entasse dans des bâtisses insalubres, voire même des bidonvilles en périphérie de la ville. Dans ces quartiers populaires, la vie y est très animée car la seule activité est le commerce. Ici tout est à vendre mais tout se négocie...
Depuis le passage de l'ONU le dollar est roi et le Riel, monnaie officielle, ne sert souvent qu'à rendre la monnaie.
La ville est coupée par quelques artères principales regroupant commerces et hôtels et reliées entre elles comme une toile d'araignée par des centaines de voies secondaires en terre battue où travaillent artisans et petits commerces. On a du mal à imaginer ce que peut être la vie de ces habitants en période de mousson avec plus de cinquante cm d'eau...
Dans le Tuk Tuk négocié à un dollar qui nous emmène en centre ville, nous avons tout le loisir d'apprécier les subtilités de la conduite locale.
Dans une circulation particulièrement dense où se croisent sans aucune règle établie voitures, motos et vélos, en dehors des gros 4/4 prioritaires des nantis, c'est au plus "gonflé" de passer. On ne respecte ni les feux ni les stops, et partant du principe que la ligne droite est le plus court chemin, on coupe les carrefours en diagonale, on circule à contre-sens ou l'on remonte les sens interdits. Même les stations-services servent ici de voies de dégagement.
Depuis notre observatoire roulant, nous croisons des 125 cm3 chevauchées par cinq ou six personnes. Nous sommes même doublés par un cochon sans casque, un canapé trois places et cinq planches d'aggloméré de deux mètres par un... On klaxonne sans arrêt pour prévenir de sa présence mais jamais avec agressivité. Le plus surprenant est que cette déferlante humaine est d'une fluidité incroyable, nous n'avons même pas aux heures de pointe rencontré le moindre embouteillage... A méditer Monsieur Sarkozy...
Déposés à l'entrée du Marché Russe, passage obligatoire à tout touriste qui se respecte, nous pénétrons dans cet immense baraquement de bois couvert de tôles rougies par le soleil.
L'atmosphère y est irrespirable. Des échoppes disposées de part et d'autre d'allées étroites rendent la progression difficile. Le soleil a du mal à s'infiltrer par les rares ouvertures tamisées d'épais tissus colorés. Pourtant l'endroit est fascinant. Au fur et à mesure de notre avancée des silhouettes sortent de l'ombre et quelques vitrines s'allument avant de retomber rapidement dans l'obscurité si le marchand n'a pas su retenir notre attention.
De la fausse antiquité à la sculpture en passant par la bijouterie et des montagnes de tissus, le choix est immense et les prix imbattables avant même toute négociation...
La seule fausse note de cette visite dans les entrailles de la ville sera sans conteste la traversée des étals de poissons et viandes. Recolorés par plusieurs jours sans glace, une chaleur torride et une abondance de mouches bien velues, l'ensemble dégage une odeur âcre semblable à votre poubelle au 19ème jour de grève d'éboueurs.... Pourtant, au milieu de ce décor, des tables sont dressées, prêtes à vous accueillir pour une dégustation... Bon appétit !
Les "fringues" sales de J & B sont enfin déposées dans une laverie aux fers à repasser alimentés au charbon de bois. Epuisés par la chaleur et nos six heures de décalage, une moto-taxi nous ramène à notre hôtel.
Après une nuit réparatrice, la journée du 9 Avril fut moins riche en émotions mais tout aussi chaude. Une visite au marché central, vestige de la colonisation nous permis, assistés par J & B, de tester nos capacités à la négociation et cette fois-ci d'apprécier, fruits et fleurs exotiques... Un vrai régal pour les sens.
Une halte sous la paillote d'un charmant restaurant aux couleurs locales suivie d'une longue marche dans les rues de la ville nous fit découvrir monuments, temples et pagodes. La journée se termina à l'embarcadère afin d'acheter les billets de bateau qui le lendemain allaient nous permettre, en remontant le Tonlé Sap, de rejoindre Siem Reap, ville-dortoir aux portes d'Angkor.
Nous ne savions pas encore ce qu'allait nous réserver ce voyage de près de 500 km...

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