
Après avoir retrouvé Chiang Maï sur le coup de 18 heures, nous décidons de rejoindre la capitale cambodgienne située à environ 1500 km à vol d’oiseau. Les parents de Julien arrivent le 8 sur place, cela nous laisse quatre jours pour rejoindre Phnom Penh. Nous préférons prévoir large car il paraît que les routes sont pires qu’en Inde…ça nous enchante vraiment.
Nous prenons un bus le soir même pour Bangkok, ce dernier est comme celui que nous avons pris pour venir : énorme, avec clim, …et même la télévision qui marche, ce qui nous a permis de regarder « Minority Report »…enfin ceux qui me connaissent vont rigoler, car je me suis endormi dès les dix premières minutes…comme d’hab.
Nous arrivons à Bangkok sur les coups de six heures du matin. Il fait une chaleur à peu près supportable sur Khao San Road. Nous essayons de trouver un billet pour rejoindre la frontière tout en essayant de ne pas se faire accoster par des filles en petite tenue (dure vie tout de même !). Les quelques agences ouvertes nous proposent près de 650 baths (près de 14 euros)…un peu chéro à notre goût. Nous décidons de tenter notre chance avec les bus locaux. Un tuk-tuk nous emmène dans une agence de tourisme avant de nous laisser à la gare routière. Cette agence sent l’arnaque à plein nez, elle nous propose des billets pour le même prix. Elle nous dit aussi qu’il n’y a qu’un train par jour et que nous l’avons raté…bref on n'a plus qu’à se faire entuber. On regardant dans le Lonely Planet, un second train part théoriquement en début d’après-midi. La gare est toute proche, on décide de larguer le tuk-tuk et d’aller y faire un tour. Trois minutes après, nous avons un billet pour rejoindre la frontière pour 48 baths…Les thaïlandais ne seraient-ils pas cousins avec les indiens par hasards ???
Après quatre heures d’attente dans les environs de la gare, nous embarquons dans un train de trois wagons. Inutile de regarder les classes, tout est en troisième. Nous montons dans la première voiture qui s’avère être aussi la locomotive. Ces cinq heures de trajet nous ont fait faire un retour de six semaines en arrière dans les trains indiens de seconde classe à une exception près tout de même : les portes ferment automatiquement, et pas un enfant ne passe pour faire la manche. En revanche, il y a aussi des vendeurs ambulants qui sillonnent les wagons avec des rafraîchissements et de la nourriture…mais aussi des blattes grillées, c’est véridique !
A Aranya Prathet, la ville frontière, nous descendons dans une guest-house proche du centre ville. Nous essayons de trouver quelque chose à manger, mais ce n’est pas chose facile. On ne trouve que des soupes ou des saucisses à grignoter…pas très nourrissant tout ça ! Nous trouvons enfin deux petits restaurants qui ont l’air l’un comme l’autre étonnés de voir débarquer des touristes.
Destination le poste frontière. 40 baths de tuk-tuk pour faire 7 km…mince alors c’est le prix du billet pour venir de Bangkok !!! Arrivés sur place, nous sommes pris d’assaut par des enfants qui réclament de l’argent… Julien surprend même une petit fille mettant la main dans sa poche. Il va falloir faire attention et mettre les cadenas aux sacs. En plus des enfants, nous croûlons sous une nuée de pseudo « agents de voyage » qui essayent de nous vendre des billets de bus pour nous rendre à Angkor, notre prochaine ville étape. Etant donné qu’ils parlent en dollars, ça sent encore l’arnaque….L’Inde nous a vraiment traumatisés, on se méfie de tout et de tout le monde…remarque, depuis qu'un type a essayé de nous vendre un formulaire d’obtention de visa, il y a de quoi se méfier ! Après avoir passé les barrages de frontière, nous arrivons en territoire cambodgien. C’est un peu le jour et la nuit. Ca sent le manque d’organisation et la pauvreté. On croise des gens plus ou moins défigurés, d’autres qui sont unijambistes. A première vue, il y a une différence énorme entre les riches et les pauvres. On voit des enfants pieds-nus vous demander de l’argent devant un hôtel dernier cri de style Eurodisney. Après quelques pas, nous sommes de nouveau accaparés par des « agents de voyages ». Nous parvenons à obtenir deux billets pour 100 baths chacun (2,5 US$) dans un bus théoriquement climatisé. Quatre heures d’attente s’écouleront avant que l’on ne se lance en direction d’Angkor. Nous sommes quinze dans un bus qui est en fait un simple van, où la climatisation ne marche plus (elle n’a jamais dû être installée, remarque), où notre siège bouge sans arrêt faute de fixation au sol. On nous avait prévenus que les routes n'étaient pas très bonnes au Cambodge. C’est vrai qu’elles sont pas extra extra…quand il y en a !!! En fait il n'y a de routes que dans les villes que l’on traverse. Le reste du temps, c’est de la piste ! A chaque croisement avec une voiture ou pire avec un camion, on est obligé de se mettre un tissu sur la figure pour se protéger de la poussière. On a vraiment l’impression d’être en Afrique avec le cliché de la route en terre rouge, les pick-up avec la fumée derrière, et le paysage plus ou moins désertique sur les côtés, le tout avec une chaleur de 40°C.
Nous avions passé la frontière vers 10h 30, nous voici arrivés sur place aux alentours de 20h 30…on avait raison de prévoir un peu de marge pour les transports au Cambodge ! Angkor est juste une ville étape, nous y reviendrons dans quelques jours, mais rien qu’en traversant la route principale, on se rend compte que c’est LA ville touristique parfaite. La route est nickel, il y a même des marquages au sol, et sur les côtés, on croise des hôtels plus beaux les uns que les autres dont certains auraient plus leur place à Las Vegas qu’ici. Nous restons dans la guest-house détenue par la compagnie de transport, elle est très propre et pas cher par la même occasion.
Nous repartons le lendemain matin pour la capitale dès 6h 30. Cette fois, à bord d’un vrai bus, climatisé de surcroît. Le voyage se passera assez rapidement en compagnie de deux françaises, étudiantes de Bangkok. Nous arrivons à Phnom Penh sur le coup de 16 heures.
On nous avait raconté des salades comme quoi il n'y avait pas de route correcte, que l’électricité était coupée de temps en temps le soir. Des bobards !!! Ici, on a l’impression d’être à Paris. On trouve plein de produits français comme de la « vache qui rit », en passant par le champagne, il y a plein de noms de restaurants écrits en français et au Cambodge…on roule à droite !
Demain nous essaierons de mieux découvrir cette ville mais surtout de nous reposer de nos trois jours de transport non-stop.
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