
C’est au petit matin, encore un peu fatigués de neuf heures de route, que nous débarquons à Arica, la ville la plus au nord du Chili. Quelques minutes plus tard, nous nous installons dans un petit hôtel non loin du centre ville. Après deux nuits à moins vingt degrés et une nuit dans le bus, la vue d’un vrai lit a agi comme un aimant.
Nous nous réveillons une ou deux heures plus tard pour visiter la ville. Pas vraiment exceptionnelle, d’autant plus que le ciel gris nous fera renoncer à aller faire un tour sur la plage. Nous continuons notre petit parcours sur les hauteurs pour arriver à "El Morro de Arica", ancien site militaire durant la bataille du Pacifique, ainsi qu’à une énorme statue du Christ qui domine la ville. De ce point, la vue est imprenable sur Arica. Nous finirons la journée à nous balader dans les petites rues ainsi que dans quelques marchés locaux.
Le lendemain, le bus nous manque déjà ! Nous décidons d’aller en reprendre un pour rejoindre de nouveau la Bolivie. C’est à 11h30 que nous quittons Arica, sans nostalgie aucune. Une heure plus tard, nous passons la douane puis rejoignons La Paz vers 17h. Il y a deux jours, nous étions à 4900m, puis nous sommes descendus à Arica, en bord de mer, nous voici actuellement dans la capitale la plus haute du monde à 3600m...cherchez l’erreur.
Un petit hôtel dans le Lonely Planet nous paraît correct, nous nous empressons de nous y rendre. Manque de chance, ce dernier à fermé ses portes depuis plusieurs mois. Nous continuons à l’aveuglette et trouvons un hôtel deux étoiles qui a l’air pas mal du tout. En revanche, les prix exorbitants (pour la Bolivie bien sûr) nous font rebrousser chemin. Le patron des lieux nous rattrape de justesse et nous propose une chambre pour un prix tout à fait correct. Etant donné que ces chambres ne sont pas affichées à l’accueil, nous nous retrouvons à un étage complètement vide, avec une pièce télévison, deux canapés, et une superbe vue sur le marché en bas de la rue. Petit plus, notre hôtel est en plein centre ville…nous prenons !
Nous partons à la découverte des environs. Quelques minutes plus tard, nous rencontrons un groupe de français qui nous conseillent d’aller faire un tour dans un marché situé en haut de la ville. Aussitôt dit aussi fait, nous arrivons quelques minutes plus tard au "Mercado del Alto". Un petit retour au "week-end market" de Bangkok, en moins concentré. On trouve de tout ici, vêtements, CD et DVD pirates, voitures d’occasion, animaux, feuilles de coca,..on peut même se faire couper les cheveux si l’on veut. D’ici, on a une vue sur une bonne partie de la ville, idéal pour des photos panoramiques…n’est-ce pas Julien ?
Le lendemain, nous continuons à découvrir cette ville, ou plutôt cette immense marché, car on se demande un peu ce qu’il y a d’autre à y faire.
La Bolivie est réputée dans le monde entier pour avoir des routes vraiment pourries. Près de La Paz, se trouve même la route la plus dangereuse du monde avec près d’une centaine d’accidents par an. Certaines agences de voyage proposent même de la descendre en VTT…le pire est qu’il y a des touristes qui acceptent de payer cher pour faire ce genre de connerie….comme nous par exemple !
Nous partons donc le lendemain matin, en van à 4700m, point de départ de la descente. Le parcours est en deux parties. La première, impeccable, fait plutôt office d’échauffement, quant à la seconde, interdiction de glisser, c’est la fameuse route. Nous sommes un groupe de six personnes. Principalement des anglais et des irlandais. Casques sur la tête, blousons coupe-vent en place, nous nous lançons à toute allure sur la route, zigzaguant au milieu de paysages magnifiques. Pour descendre, rien de plus facile, en revanche, nous avons eu une montée aussi dure que celle des Champs-Elysées (ridicule donc !), c’était vraiment la lutte pour arriver en haut. Faire un effort physique à plus de 4000 mètres relève vraiment de l’exploit. Nous arrivons "au sommet" en essayant de retrouver un souffle normal, nous ressemblons plus à un grand-père qui a fumé toute sa vie ayant un début de pneumonie.
Nous arrivons à un croisement. A gauche se trouve la nouvelle route, à droite, pas de bitume, des cailloux de partout…c’est la route que nous attendions ! Nous nous trouvons en fait sur un chemin avec la montagne à droite et le vide à gauche. Notre guide, un jeune bolivien d’une vingtaine d’années nous dicte les normes de sécurité. Ici, le sens de circulation est inversé. Pourquoi ? Bonne question, sachant que l’on descend côté gauche, côté vide, on a plus de risque de glisser ! Et pourtant, c’est bien pour cette raison : quand un véhicule a un problème, il est préférable qu’il tombe, plutôt qu’il ne s’agrippe à un autre voiture et entraîne plus de monde avec lui.
Nous voici en route, la main fixée sur le frein, à guetter le moindre caillou qui nous ferait perdre l’équilibre. La route se résume en fait à un chemin de terre avec des cailloux disséminés de partout, de trois mètres de large, avec une falaise de plusieurs centaines de mètres et sans barrière de sécurité bien sûr ! Tous les cent mètres, on croise des fleurs, des éventails. Notre guide s’amuse à nous montrer tous les accidents. "alors là, vous voyez, les arbres arrachés, c’est un camion qui a glissé il y a six mois…42 morts". Et là, l’eventail, c’est à la mémoire d’une française qui est tombée en vélo…là c’est un bus qui est tombé il y a quinze jours… » durant près de trois heures, nous avons donc halluciné sur cette route, qui est presque créée pour avoir un accident. On se demande presque comment il y en a "si peu". Deux véhicules ne peuvent pas se croiser, alors, on voit parfois un camion large comme la route reculer avec aucune visibilité jusqu’au prochain virage…vraiment hallucinant !
Nous arrivons enfin en bas, la figure complètement poussiéreuse. Après un petit repas bien mérité, nous partons en van visiter le petit village de Coroicco. Nous voulions y rester un ou deux jours, mais après une petite heure, nous avons préféré revenir sur La Paz, dans notre superbe hôtel en plein centre ville.
Nous avons donc repris la route de la mort en sens inverse. Déjà en VTT, j’étais pas vraiment rassuré, mais en van, j’avais vraiment peur. A certains endroits, il fallait presque sortir la tête par la fenêtre pour voir la route. Le chauffeur, qui connaissait les lieux comme sa poche, conduisait comme un taré, en klaxonnant toutes les cinq minutes pour prévenir de son arrivée. Pour arranger le tout, il commencait à pleuvoir et à faire nuit, autant vous dire que l’on était contents de revenir sur une route bétonnée en haut de la montagne. Bref une superbe expérience...
Après une bonne nuit dans nos appartements de la capitale bolivienne, nous avons repris nos sacs pour une nouvelle destination : Copacabana, une petit ville située près du fameux Lac Titicaca...
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